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SOLO

 

 

 

Emprunté à l'italien, le mot désigne dans les Arts, une partie exécutée par un seul artiste : Europa par le saxophone de Gato Barbieri !

L'élégance pour les linguistes étant le pluriel : les Soli.

Un seul maestro devant plusieurs toros, en espagnol, c'est Unica Espada ou Encerrona.

Cette dernière expression confine à la réclusion volontaire, voire au piège ou guet-apens.

Certains encerronas furent extra terrestres comme celui de Jose Tomas à Nîmes en 2012. D'autres tournèrent à l'enfer comme celle du regretté Ivan Fandiño à Madrid en 2015.

Les Soli peuvent être inattendus comme celui de Nimeño II à Nîmes en 1989, après la blessure de Victor Mendes devant les Guardiola Dominguez.

Même aventure pour Pierre Schull en 1959 à Arles, suite aux blessures de Diego Puerta et de Miguel Mateo Miguelin. Il estoqua quatre Perez Angoso, idem pour Frédéric Pascal à Ceret (1).

Le plus hétérodoxe sera le 3/11/1985 à Nîmes au bénéfice des victimes du tremblement de terre à Mexico. En duo, Christian Montcouquiol fera un solo sur trois toros espagnols (deux Montalvo, un Conde de la Corte) et Christian Chomel rasetera un Laurent, un Laffont, un Fabre Mailhan.

Le fait de « s'enfermer seul » avec plusieurs toros (3,4,5,6,7), deux sobresalientes et plusieurs cuadrillas nécessite pour cet exercice périlleux, de grands qualités morales et physiques.

Pour les toreros de l'hexagone, les motivations furent fluctuantes au gré du temps.

Le premier à s'exercer, fut notre André Viard national, maestro « es contestation » à l'époque. Il offrit une réponse au peu d'intérêt que l'on portait à la Toreria Française.

José Manrubia s'essaya à la prophétie dans son pays d'Arles avec six toros d'élevages français pour un torero français !

Certain solo marque le changement de situation de beccerista à novillero, puis matador de toros, voire 10 ans ou 20 ans d'alternative.

D'autres sont souvent événementiels avec un indulto à la clef ou très valeureux en fonction de l'élevage choisi : Palha, Victorino et Adolfo Martin...

Le geste taurin peut se joindre au caritatif et devenir bénévole pour une cause liée à une catastrophe (Haïti) ou médicale ( Handilandes, Marcher pour Sarah, trisomie 21).

Dans le tableau synoptique des soli des toreros français, la dynastie Lagravère : Michel et ses fils Michelito (photo ci-dessous) et André « El Gallo », truste six courses.

 

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Les deux maestros français : Sébastien Castella neuf fois et Juan Bautista huit (course de despedida de novillero incluse) font figure de stakhanovistes soit dix sept !!

Maxime Solera s'enfermera le 8 septembre 2019 à Andorra de Teruel devant six élevages : Marques de Albasserrada, Dolorés Aguirre, Flor de Jara, Aurelio Hernando, Los Maños et Colomer Hermanos.

C'est la 33 ième encerrona d'un torero français et la première pour un novillero de l'hexagone en Espagne.

 

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Suerte Maxime

 

 

Jacques Lanfranchi « El Kallista »

mercredi 22 août 2019

 

le tableau est ouvert à tous, pour le compléter ou le corriger.

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Merci par avance de votre participation

 

(1) le 12 août 1973 à Céret devant des Cortijoliva après les blessures de « El Santi » et Eladio Peralvo, Frédéric Pascal estoquera 4 toros : 3 oreilles.