bleu photo 1

 

 

 

Bleu comme l'enfer

 

 

 

Célèbre film d'Yves Boisset, sorti sur les écrans en 1986, tiré du roman éponyme de Philippe Djian, exprime toute la dualité de cette couleur.

Celle du ciel, donc du Paradis, elle conjure le mauvais sort (œil peint sur la proue) des bateaux), c'est un porte bonheur.

C'est le Yang : la créativité, le sommet, mais aussi la vacuité « n'y voir que du bleu », teinte de la peur, du froid.

C'est aussi celle de l'inexpérience, voire la naïveté « c'est un bleu ».

Ce fut pendant la révolution française, la couleur des chouans (bleu royal ) s'opposant au rouge des républicains.

C'est également celle de l'autorité : costume des gendarmes.

Le gyrophare (bleu électrique) des automobiles et motos de la Police, les tuniques bleues de la cavalerie américaine dans le célébrissime feuilleton « Rintintin ».

Elle , peut être la couleur du plaisir (1)

Dans un autre contexte, c'était la teinte des chemises phalangistes en 1936, en Espagne. Elle devint la « Terror Azul ».

Azul dont l'étymologie vient de la langue arabe donnera les azulejos, pas sur le plan linguistique, mais architectural comme ce frontispice du marché de Santarem (Portugal)

bleu photo 2 b

 

Picasso aura une période bleue (1901-1904), il peindra à Paris des œuvres sombres sur l'Espagne, les pauvres au bord de la mer, la Vie...

Et la Tauromachie dans tout çà ?

La couleur est la métaphore de la curiosité ( R Depardon) (2)

 

C'est un ton très présent sur les costumes de lumières, Antonio Ordoñez, El Cordobés, Curro Caro.

Sebastian Cortes, le gitan d'Albacete , arbora un traje Bleu de Prusse noir, pour sa confirmation d'alternative le 24 mai 1976 à Madrid, toro «  Pajarito » de Balthazar Iban.

 

Toujours la bivalence, il peut porter malheur : Pepe Hillo tué en bleu ciel-argent, Paquirri blessé à Pozoblanco (bleu cobalt et or), Christian Montcouquiol Nimeño II blessé à Arles (bleu et or), idem pour Julio Robles à Béziers (Bleu céleste et Or).

 

Si le bleu turquoise chez les aztèques est signe de sécheresse, pour le Torero Luis Francisco Espla, levantin de naissance, c'est la couleur de la mer qui permet de se fondre dans le rituel tauromachique, de « métaboliser le Toro », en fonction de la plaza.

D'où la préférence pour l'Alicantin de ce camaïeu : bleu océan, bleu atlantique, bleu lagon, bleu marine, bleu outremer, bleu des mers du sud ; le grand bleu.

Bambi mettra également cette teinte au revers de ses capes «  Qu'est que j'y peux, si je suis né au bord de la Méditerranée » chante le catalan Joan Manuel Serrat.

 

Le tour de piste qui récompense la loyauté dans le combat du toro n'est'il pas commandé par el pañuelo azul...On retrouve le coloris, dans beaucoup de devises MLP de Varga (Guardiola), Victorino Martin, Dos Hermanas (P Laugier et ses filles), San Martin (frères Granier Alain et Gérard) : fermeté et fidélité , trois valeurs liées à la couleur.

 

Associé au divin, comme le voile de la Vierge Marie. Il devient azur céleste.

Frida Khalo, célèbre peintre mexicain, dans sa maison musée (Casa Azul), s'exprime dans un tableau sur le Pendant de Dieu.

« El Diablo es rubio, en sus azules ojos, dos estrellitas encendo el Amor ».

 

Brindis aux enfants du Belge Payo qui sont nés en 1958 : les Schtrompfs.

 

Jacques Lanfranchi « El Kallista »

4 juin 2019

 

photo 1 Proue de bateau les Goudes 1/1/2015 photo E Lanfranchi

photo 2 carte postale Marché de Santarem

 

Bibliographie :

  • Toro Louis Francisco Espla – Jacques Durand ( Marval 1994)

  • In Toros n°1927-1928 (mai 2012)

 

(1) la molécule sildénafil commercialisée en 1996, dans une livrée bleue royale ,oui le Viagra

 

 

(2) Raymond Depardon «  Un moment si doux » (exposition Photos Mucem Marseille)