EL TORO DE LA CARRETERA

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La carrière cinématographique de James Dean,se résume en trois films : la Fureur de Vivre, à l'Est d'Eden, Geant.

 

Au-delà de la symbolique de ces titres, qui illustre sa courte vie, le chiffre 3 concrétise aussi ses rêves de torero.

 

C'est le bétail domestique qu'il découvre dans les champs de son Indiana natal.

Mais, c'est sur l'écran du pasteur local qu'il admire les toros et les toreros, filmés en Andalousie.

Le rêve s'installe...

 

En 1949, il assiste à des courses à Tijuana et c'est dans le lienzo charro (synonyme du bouvaou camarguais) de cette ville frontalière qu'il fera ses premières lances de cape.

Le « capote » a appartenu à Sidney Franklin (1) et lui a été offert par B Boettich réalisateur du film : La Dame et le Torero.

 

Lors de son intégration dans la célèbre école Actor's Studio de New York, ce « trasto » taurin sera le premier à se présenter sur scène. Jimmy adapte un des chapitres de l'ouvrage «  Le Matador » écrit par le torero d’origine yankee Barnaby Conrad (2).

La mise en scène est minimaliste : un cierge, une statue de la Vierge, un monologue et la cape.Il présente son travail devant les élèves notamment Eli Walash et Marilyn Monroé.Un des responsables du cours Lee Strasberg taxe la prestation d'essai, non de travail. L'acteur quittera définitivement le renommé cours pour sa querencia, dans l'appartement de la 68ième rue.

 

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Durant l'été 1955, dans le Texas torride, il termine le film Geant d'Elia Kazan avec Rock Hudson et Elisabeth Taylor.

Il fait également le paseo en tant que practico dans le village mexicain d'Orinaga.

 

La vielle cape reprendra à nouveau du service le 9 et le 16 septembre de cette année là.

 

Le 30 septembre, le Spyder Porsche 55 dont l'apodo est peint sur la malle arrière : « little bastard » (Petit batard) véhicule son maestro sur la route de Salinas.

Le numéro 1,3,0 frappé sur les portes confirme le voyage vers une course automobile et vers sa destinée.

 

Surgit du toril, pardon de l'intersection des routes 466 et 41, non loin de Cholame, un quelconque et simple coupé Ford Custom Tudor, conduit par le modeste Donald Turnupseed.

 

C'est toujours les toros les plus insignifiants qui t'attrapent !

James Dean, le grand acteur qui voulait être torero, meurt, victime du « Toro de la carretera ». Comme Cesar Gijon en 1971, Antonio Jose Galan en 2001.

 

La légende soliloque la présence sur le siège arrière d'une vieille cape !

 

« Vit comme si tu devais mourir demain

Rêve comme si tu devais vivre éternellement » James Dean

 

 

A Vincent …

 

Dimanche 23 janvier 2016

 

Jacques Lanfranchi

« El Kalllista »

 

photo 1 portrait du torero mort Othoniel

photo 2 Cahiers du cinéma Noël 1956

 

bibliographie :

  • James Dean ou le mal de vivre Y Salgues édition Horay 1963

  • Une dernière nuit avec Jimmy. Jean Pierre Alaux édition Calmann Levy 2010

  • James Dean , cape en main. Guy Suire UBTF 2015

 

  1. Sydney Frumkin dit Franklin , natif de New York. Il passera son alternative en juillet 1945 à Madrid, il a 40 ans, parrain El Estudiante Ganaderia Sanchez Fabres, il fut le chauffeur d’Ernest Hemingway pendant la guerre civile espagnole.

  2. Barnaby Conrad, El niño de California, il a torée en Espagne, au Mexique au Pérou, notamment avec Belmonte pendant son époque novilleril. Il fit une carrière diplomatique.